En cette soirée du 28 juin 2026, plus de 40 000 passionnés de metal ont fait le déplacement pour célébrer les 50 ans d'Iron Maiden lors de la tournée "Run For Your Lives". Mais avant que la Vierge de Fer ne s'empare de la scène, c'est un monument du thrash américain qui a la lourde responsabilité de lancer les hostilités : Anthrax...
Une mission loin d'être anodine. Ouvrir pour Iron Maiden dans un stade est un exercice impitoyable : un temps de jeu réduit, un public encore en train de s'installer et une tête d'affiche qui monopolise naturellement toutes les attentes. Pourtant, avec plus de quarante ans de carrière, une énergie intacte et un catalogue de classiques capables de faire exploser n'importe quelle fosse, Joey Belladonna, Scott Ian et leurs acolytes n'ont plus rien à prouver. Ils sont venus pour une seule chose : rappeler à tous pourquoi Anthrax reste l'un des membres du légendaire « Big Four » du thrash metal.
Quarante minutes. C'est le temps dont disposait Anthrax pour convaincre un stade acquis à la cause d'Iron Maiden. Un défi relevé avec l'assurance d'un groupe rompu à l'exercice et ce malgré l'absence de Charlie Benante qui, blessé à la main droite laisse ici ses baguettes au batteur de session britannique Darby Todd.
Sans la moindre introduction superflue, "Caught in a Mosh" ouvre les hostilités. Scott Ian harangue immédiatement le public tandis que Joey Belladonna affiche une forme éclatante, sa voix n'ayant pratiquement rien perdu de sa puissance.
Le groupe enchaîne sans temps mort avec "Got the Time", reprise survitaminée de Joe Jackson devenue un incontournable du répertoire d'Anthrax. Le morceau fait mouche grâce à son rythme effréné et confirme que les Américains n'ont aucune intention de ménager leurs efforts malgré la fournaise.
L'ambiance monte encore d'un cran avec "Madhouse". Son riff imparable et son refrain fédérateur provoquent les premières véritables clameurs du Groupama Stadium. Belladonna multiplie les échanges avec le public, qui répond avec enthousiasme !
La surprise du set arrive ensuite avec "It's for the Kids", premier single du nouvel album attendu en septembre. Sans être encore parfaitement connu des fans, le titre est accueilli chaleureusement. Plus moderne dans sa production mais fidèle à l'ADN du groupe, il s'intègre naturellement à la setlist et laisse entrevoir un futur album prometteur.
Impossible ensuite de passer à côté d' "Antisocial". La reprise de Trust, déclenche instantanément une immense communion. Des tribunes à la fosse, le refrain est repris en chœur par des milliers de spectateurs. Un moment fort de cette courte prestation, preuve que ce classique transcende les générations et demeure l'un des hymnes incontournables du made in France.
Anthrax choisit ensuite de faire plaisir aux amateurs des premiers albums avec "Medusa". Plus sombre et plus lourde, cette composition qui rappelle les racines plus heavy du groupe fait plaisir à entendre.
Le concert s'achève avec l'inévitable "Indians". Dès les premiers roulements de batterie, la tension monte d'un cran. Joey Belladonna fait reprendre le célèbre « War Dance ! » avant que le public ne s'agite une dernière fois sur ce monument du thrash metal. L'énergie est intacte jusqu'à la dernière note, concluant quarante minutes menées tambour battant.
Sans révolutionner la formule, Anthrax a livré exactement ce que l'on attendait de lui : un concentré d'efficacité, d'expérience et de bonne humeur communicative. Avec seulement sept titres, les New-Yorkais ont rappelé qu'ils demeurent l'un des groupes de scène les plus solides de la scène thrash. Une prestation sans temps faible qui a parfaitement chauffé un Groupama Stadium désormais prêt à accueillir les maîtres de cérémonie de la soirée : Iron Maiden.
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Après une mise en bouche de haut niveau assurée par Anthrax, l'heure est enfin arrivée. Iron Maiden fait son entrée sur scène dans le cadre de sa tournée "Run For Your Lives", célébrant cinquante années d'une carrière exceptionnelle.
Plus qu'un simple concert, cette tournée est pensée comme un véritable voyage dans les neuf premiers albums du groupe, de Iron Maiden (1980) à Fear of the Dark (1992). Une déclaration d'amour à l'âge d'or de la Vierge de Fer, avec une promesse claire : offrir aux fans une setlist presque exclusivement composée de classiques, accompagnée d'une nouvelle production scénique spectaculaire.
Deux heures durant, Bruce Dickinson, Steve Harris, Dave Murray, Adrian Smith, Janick Gers et Simon Dawson vont dérouler un spectacle où musique, théâtre, décors monumentaux, jeux de lumières et apparitions d'Eddie ne feront plus qu'un. Fidèle à sa réputation, Iron Maiden ne se contente pas de jouer ses morceaux : le groupe les met en scène pour transformer chacun d'eux en une véritable expérience visuelle et émotionnelle.
Retour sur une prestation magistrale qui a une nouvelle fois démontré pourquoi, cinquante ans après sa création, Iron Maiden demeure la référence absolue de la scène heavy metal mondiale.
À 20h30 précises, les premières images apparaissent sur les écrans géants tandis que l'introduction retentit dans un Groupama Stadium désormais plongé dans l'obscurité. L'explosion de joie est immédiate lorsque Iron Maiden surgit sur scène avec "Murders in the Rue Morgue". Le ton est donné : la tournée Run For Your Lives ne fera aucun compromis. Les Britanniques puisent dans leurs premières années et offrent d'entrée un titre que beaucoup n'espéraient plus entendre en concert.
Le groupe enchaîne avec "Wrathchild" puis "Killers", replongeant le public dans l'ère Paul Di'Anno. Bruce Dickinson s'approprie ces classiques avec une aisance déconcertante tandis que Steve Harris, toujours infatigable, multiplie les allers-retours sur l'immense scène. Sur ces trois premiers morceaux, le son n'est pas très bon et l'intensité des instruments varie ce qui va s'améliorer ensuite.
Le monumental "Phantom of the Opera" rappelle pourquoi il reste l'un des morceaux les plus ambitieux composés par Maiden. Les nombreux changements de rythme sont exécutés avec une précision remarquable, portés par une section rythmique particulièrement solide.
Le décor bascule ensuite dans l'univers infernal de "The Number of the Beast" tandis que Bruce Dickinson, impérial, domine la scène. Une fois encore, le chanteur impressionne par sa puissance, sa justesse et son endurance. À bientôt 68 ans, il continue de livrer une prestation vocale tout simplement magistrale, atteignant les notes les plus exigeantes avec une facilité déconcertante.
La surprise de la soirée arrive avec "Infinite Dreams", absent des tournées depuis de très nombreuses années. Véritable cadeau pour les fans de longue date, le morceau est accueilli avec une émotion palpable. Dickinson y livre une interprétation habitée, passant avec une aisance incroyable des passages les plus intimistes aux envolées les plus puissantes.
Le voyage se poursuit dans l'Égypte antique avec "Powerslave", sublimé par un décor monumental et une mise en scène toujours aussi spectaculaire. Sans laisser retomber la pression, le groupe embraye sur "2 Minutes to Midnight", repris à pleins poumons par l'ensemble du stade.
L'un des sommets du concert intervient avec "Rime of the Ancient Mariner". Ses treize minutes passent sans jamais sembler longues tant la scénographie est travaillée. Les projections vidéo, les jeux de lumière et l'interprétation magistrale des musiciens donnent une nouvelle dimension à cette fresque progressive.
Après cette parenthèse épique, "Run to the Hills" déclenche une véritable explosion. Les tribunes sautent à l'unisson et le refrain est repris par tout le stade.
Iron Maiden ose ensuite un nouveau pari avec "Seventh Son of a Seventh Son". Là encore, les décors évoluent totalement pour accompagner cette pièce maîtresse du metal progressif, preuve que cette tournée a été pensée comme une véritable célébration artistique de l'âge d'or du groupe.
L'incontournable "The Trooper" (sans Adrian Smith) fait ensuite chavirer le public. Bruce Dickinson traverse la scène en brandissant l'Union Jack puis le drapeau français sous les acclamations, tandis qu'Eddie vient provoquer les musiciens dans un face-à-face toujours aussi attendu.
Moment de recueillement avec "Hallowed Be Thy Name", probablement l'un des plus grands chefs-d'œuvre de la discographie du groupe. L'interprétation est d'une intensité rare et le public accompagne chaque parole jusqu'au célèbre final. Le pied !
Puis le show se conclut naturellement avec "Iron Maiden" offrant un final spectaculaire avant que le groupe ne quitte provisoirement la scène...
Le rappel débute sous les rugissements des moteurs d'avion avec "Aces High". L'énergie ne faiblit pas une seconde et le rythme imposé par le groupe impressionne. Il faut d'ailleurs souligner l'apport de Simon Dawson derrière les fûts. Si personne ne remplacera jamais Nicko McBrain dans le cœur des fans, son successeur apporte une fraîcheur évidente à l'ensemble. Son jeu plus incisif permet au groupe de retrouver des tempos sensiblement plus rapides que lors des dernières tournées, redonnant une agressivité bienvenue à plusieurs classiques.
Place ensuite au moment de communion ultime avec "Fear of the Dark". Comme à chaque tournée, les dizaines de milliers de spectateurs reprennent spontanément la célèbre mélodie avant même que Dickinson ne chante la première parole. Un frisson parcourt alors tout le stade dans l'un des moments les plus émouvants de la soirée.
Enfin, "Wasted Years" vient refermer deux heures de concert avec une émotion particulière. Les sourires sont omniprésents, aussi bien sur scène que dans le public, tandis que les derniers accords résonnent dans la nuit lyonnaise.
Musicalement, Iron Maiden a une nouvelle fois démontré pourquoi il reste la référence absolue du heavy metal. Steve Harris demeure le véritable moteur du groupe, Adrian Smith et Janick Gers affichent une technicité sans faille, tandis que Bruce Dickinson signe une prestation vocale exceptionnelle qui force le respect.
Un léger bémol est toutefois à noter du côté de Dave Murray. Le guitariste historique m'a semblé en retrait tout au long de la soirée, visiblement moins à l'aise que de coutume. Cette impression s'est particulièrement ressentie lors de plusieurs soli, exécutés avec moins de fluidité et de précision qu'à son habitude. Sans être réellement problématique pour l'équilibre général du concert, cette baisse de régime contrastait avec l'excellente forme affichée par le reste du groupe.
Au final, cette tournée Run For Your Lives tient toutes ses promesses. En faisant le choix audacieux de concentrer son répertoire sur ses neuf premiers albums, Iron Maiden offre bien plus qu'un simple concert : une véritable déclaration d'amour à son histoire. Un spectacle d'une richesse visuelle impressionnante, porté par une setlist d'exception et un Bruce Dickinson impérial, qui restera sans aucun doute comme l'un des grands rendez-vous metal de cette année 2026.











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