Il existe des groupes qui traversent les décennies sans jamais perdre leur identité. Extreme fait incontestablement partie de cette catégorie. Formé à Boston en 1985, le quatuor américain s'est imposé comme une référence du hard rock grâce à un savant mélange de riffs acérés, de mélodies imparables et d'une technicité hors norme. Si le succès planétaire de "More Than Words" a parfois éclipsé le reste de sa discographie auprès du grand public, les amateurs du genre savent qu'Extreme est avant tout une formidable machine à produire des compositions aussi ambitieuses qu'énergiques, portée par l'un des plus grands guitaristes de sa génération : Nuno Bettencourt.
Quelques mois après la sortie de "Six", un album unanimement salué pour son retour en grande forme, Gary Cherone et ses acolytes poursuivent leur tournée mondiale avec une mission de choix : ouvrir les concerts de Def Leppard. Une affiche particulièrement séduisante qui réunit deux monuments du hard rock dans une Accor Arena affichant une belle affluence (mais pas complet) en ce mercredi 8 juillet 2026. Dès leur entrée en scène, les Américains ne vont pas chercher à ménager le public parisien. Bien décidés à prouver qu'ils n'ont rien perdu de leur fougue, ils livreront une belle prestation où la virtuosité n'éclipsera jamais l'efficacité des compositions.
Dès les premières notes de "Decadence Dance", Extreme affiche ses intentions. Le groove est immédiatement au rendez-vous et l'inimitable duo formé par Gary Cherone et Nuno Bettencourt capte toute l'attention. Si le son manque légèrement de puissance durant les premiers instants, le groupe trouve rapidement ses marques. Toujours aussi charismatique, Cherone occupe la scène avec une énergie communicative tandis que Bettencourt impressionne d'entrée par la précision de son jeu.
Le récent "#REBEL" confirme que "Six" regorge de morceaux taillés pour la scène. Plus moderne mais fidèle à l'ADN du groupe, le titre est accueilli avec enthousiasme avant que "Rest in Peace" ne replonge instantanément l'Accor Arena au début des années '90. Le public répond présent et reprend volontiers le refrain de ce classique incontournable.
La température grimpe encore d'un cran avec "Play With Me", précédé d'une amusante introduction sur "We Will Rock You" de Queen. Un clin d'œil efficace qui fait participer toute la salle avant que Nuno Bettencourt ne déroule ses impressionnants traits de guitare à une vitesse toujours aussi sidérante. Les années passent, mais sa technique demeure tout simplement exceptionnelle.
Le rythme retombe légèrement avec "Hole Hearted", agréable parenthèse acoustique et fédératrice, avant "Midnight Express". Si cette pièce instrumentale permet une nouvelle démonstration du talent de Bettencourt, elle paraît en revanche moins pertinente dans le cadre d'une première partie limitée à une heure. Aussi maîtrisée soit-elle, elle casse quelque peu la dynamique du concert. À titre personnel, un morceau plus énergique issu du riche catalogue d'Extreme aurait sans doute eu davantage d'impact.
Même constat, dans une moindre mesure, lors de "More Than Words". Introduit par quelques mesures de "Stairway to Heaven" de Led Zeppelin, l'incontournable ballade est évidemment reprise en chœur par une grande partie de l'Accor Arena. Un moment toujours agréable, même si son caractère très attendu n'offre plus aujourd'hui l'effet de surprise des grandes années.
La démonstration technique reprend immédiatement avec "Flight of the Wounded Bumblebee". Véritable moment de virtuosité, le morceau laisse une nouvelle fois Bettencourt exposer toute l'étendue de son talent. Impressionnant, incontestablement. Indispensable dans un set d'une heure ? Beaucoup moins. Entre les longues interventions parlées du guitariste et ces parenthèses instrumentales, le concert perd parfois un peu de son intensité alors que le temps de jeu est particulièrement compté...
Heureusement, "Get the Funk Out" remet instantanément tout le monde d'accord. Véritable décharge d'énergie, le morceau fait enfin exploser l'Accor Arena grâce à son riff irrésistible et son refrain fédérateur. L'ambiance atteint alors son meilleur niveau de la soirée.
Le très efficace "Rise", sans doute l'un des meilleurs titres de "Six", confirme qu'Extreme sait toujours composer des hymnes modernes capables de rivaliser avec ses classiques. Puissant, incisif et porté par un Bettencourt toujours aussi inspiré, le morceau conclut idéalement le répertoire du groupe... avant une ultime surprise !
Pour saluer la mémoire d'Ozzy Osbourne, les Américains offrent un superbe medley réunissant "I Don't Know", "Bark at the Moon" et "Crazy Train". Un hommage aussi respectueux qu'efficace, accueilli avec ferveur par un public conquis qui reprend spontanément les refrains des classiques du Madman. Une conclusion pleine de classe qui laisse une excellente dernière impression.
Au final, malgré une prestation de haut niveau et des musiciens toujours exceptionnels, ce concert laisse un léger sentiment d'inachevé. Difficile de ne pas établir la comparaison avec l'excellente performance donnée à la Salle Pleyel en 2023, où le groupe s'était montré plus incisif, plus spontané et surtout plus intense. Ici, les nombreuses prises de parole de Nuno Bettencourt, additionnées à plusieurs démonstrations instrumentales, donnent parfois l'impression de grignoter un temps précieux sur un set limité à soixante minutes. C'est d'autant plus regrettable que le répertoire d'Extreme regorge de titres énergiques qui auraient parfaitement trouvé leur place dans cette première partie. Reste une prestation techniquement irréprochable et un final particulièrement émouvant, qui rappellent pourquoi Extreme demeure, près de quarante ans après ses débuts, une valeur sûre de la scène hard rock.
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Près de trente ans après leur dernière prestation dans la capitale, Def Leppard retrouvait enfin le public parisien pour un concert particulièrement attendu. Une attente d'autant plus forte qu'il s'agissait de l'ultime étape de leur tournée européenne. Après plusieurs dates sur les plus grandes scènes du continent, c'est donc à l'Accor Arena, ce mercredi 8 juillet 2026, que Joe Elliott, Phil Collen, Vivian Campbell, Rick Savage et Rick Allen avaient choisi de tirer le rideau sur cette série de concerts. Une dernière représentation revêt toujours une saveur particulière : celle où la fatigue accumulée peut se faire sentir, mais aussi celle où les artistes puisent souvent leurs dernières réserves pour offrir un final mémorable. Face à une salle prête à célébrer le retour de l'un des derniers géants du hard rock mélodique, tous les ingrédients étaient réunis pour conclure cette tournée en apothéose.
À 20h30, les lumières de l'Accor Arena s'éteignent pour l'arrivée de Def Leppard. Les premières notes de "Rejoice" retentissent avant l'explosion attendue sur "Animal". Dès ces premières minutes, le constat est évident : la production scénique est à la hauteur du statut du groupe. Écrans monumentaux, jeux de lumières parfaitement synchronisés, effets pyrotechniques et changements d'ambiances contribuent à créer un véritable spectacle, bien au-delà d'un simple concert de rock. Chaque morceau bénéficie d'un habillage visuel travaillé, donnant aux titres une dimension particulièrement spectaculaire.
Le public parisien entre immédiatement dans le concert et Joe Elliott, malgré les années, conserve cette présence scénique qui a toujours fait sa force. Le chanteur réjouit par son charisme et son interaction permanente avec la foule. "Let's Get Rocked" poursuit cette entame festive avec ses chœurs immédiatement reconnaissables et son refrain taillé pour les grandes salles.
Le groupe choisit ensuite de surprendre avec une reprise de "Personal Jesus" de Depeche Mode. Si l'interprétation est parfaitement exécutée et permet au groupe de démontrer son ouverture musicale, ce choix apparaît néanmoins discutable dans cette setlist. Avec une discographie aussi riche que celle de Def Leppard, difficile de ne pas regretter l'absence d'un autre classique maison ("Women") qui aurait davantage renforcé l'identité du concert.
Heureusement, le groupe retrouve rapidement son terrain de prédilection avec "Bringin' On the Heartbreak", moment particulièrement attendu par les fans. Le titre, toujours aussi efficace, est magnifiquement enchaîné avec l'instrumental "Switch 625", véritable démonstration du talent de Phil Collen et Vivian Campbell. Un passage qui permet également de mettre en lumière la cohésion impressionnante de cette formation qui, malgré les décennies, affiche une remarquable solidité.
La soirée se poursuit avec "Just Like '73", extrait plus récent qui s'intègre parfaitement au répertoire live avant le retour d'un immense classique : "Rocket". Porté par un light show spectaculaire et des images parfaitement synchronisées sur les écrans, le morceau prend une ampleur considérable dans cette configuration Arena.
Avant "Rock On", Def Leppard offre une parenthèse instrumentale mettant à l'honneur la section rythmique. Rick Savage et Rick Allen démontrent toute leur complicité lors d'un passage basse/batterie efficace, permettant ensuite au groupe de repartir sur une nouvelle montée en puissance. "White Lightning" confirme cette volonté de défendre également des titres plus récents, tandis que "Slang" devient l'un des moments forts de la soirée. La présence surprise de Nuno Bettencourt sur scène apporte une énergie supplémentaire, mais c'est également Joe Elliott qui marque les esprits en descendant dans la fosse et en faisant le tour complet du public. Un instant de proximité rare dans une salle de cette capacité, qui rappelle toute l'importance du lien entre le groupe et ses fans !
La machine à tubes reprend ensuite avec "Promises", avant une succession de classiques qui va transformer l'Accor Arena en immense chœur collectif. "Armageddon It" fait mouche avec son refrain fédérateur, suivi par la magnifique ballade "Love Bites", sublimée par une mise en scène plus intimiste et un travail remarquable sur les éclairages. Le groupe enchaîne ensuite avec deux monuments absolus de son répertoire : "Rock of Ages" et "Photograph". Deux titres qui résument à eux seuls la formule Def Leppard : des mélodies imparables, des refrains immédiatement mémorisables et cette capacité unique à transformer chaque spectateur en choriste.
Le rappel débute avec "When Love and Hate Collide", un choix intéressant mais qui va malheureusement mettre Joe Elliott davantage en difficulté vocalement. Certaines notes semblent difficiles à atteindre et rappellent les limites naturelles d'une voix qui porte l'histoire d'un groupe actif depuis plus de quarante ans. Mais loin de diminuer l'émotion du moment, cette fragilité ajoute finalement une dimension humaine à cette dernière soirée de tournée.
La conclusion ne pouvait évidemment pas se terminer autrement. Les premières notes de "Hysteria" déclenchent une nouvelle vague d'enthousiasme dans la salle, avant que "Pour Some Sugar on Me" ne transforme définitivement l'Accor Arena en gigantesque fête rock. Un final explosif, accompagné d'un déluge de lumières et d'images, qui vient refermer cette ultime date de tournée de la plus belle des manières.
Au terme d'une heure quarante-cinq de concert, le bilan est largement positif. Certes, quelques choix de setlist peuvent prêter à discussion et la voix de Joe Elliott montre parfois les marques du temps, mais difficile de bouder son plaisir devant une telle machine de scène. Avec une production impressionnante, un light show particulièrement soigné et une collection de classiques qui continue de fonctionner à merveille, Def Leppard prouve une nouvelle fois qu'il appartient toujours au cercle très fermé des grands noms du hard rock. Pour cette dernière date de tournée, les Britanniques auront offert au public parisien une véritable célébration de leur carrière, entre nostalgie, spectacle et énergie rock.


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