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LIVE REPORT DE SAMMY HAGAR AU BRITISH AIRWAYS ARC (LONDRES LE 09/07/26)

 


À 77 ans, Sammy Hagar n'a plus rien à prouver. Pourtant, avec sa tournée "The Best of All Worlds", le Red Rocker démontre qu'il demeure l'un des plus grands entertainers de la scène rock américaine. Entouré d'un line-up de rêve composé de Michael Anthony (basse, chœurs), Joe Satriani (guitare) et Kenny Aronoff (batterie), Hagar propose bien davantage qu'une simple rétrospective : un hommage vibrant à la période Van Halen 1986-1995, enrichi de quelques classiques de sa carrière solo, de Montrose et même de Chickenfoot. Dans une ambiance particulièrement détendue, où l'humour, la convivialité et la passion de jouer prennent le pas sur toute démonstration d'ego, le quatuor offre près de deux heures d'un spectacle généreux et terriblement attachant.

 

Dès les premières mesures de "Why Can't This Be Love", la salle explose. La voix de Sammy Hagar, certes un peu plus grave qu'à la grande époque, conserve une étonnante puissance et surtout cette chaleur immédiatement reconnaissable. "Top of the World" et "Runaround" enfoncent le clou avec une énergie communicative, tandis que "Best of Both Worlds" puis "Summer Nights" rappellent à quel point cette période de Van Halen regorgeait de compositions mélodiques injustement sous-estimées.

Premier détour par les origines avec "Bad Motor Scooter" de Montrose, interprété avec une vigueur impressionnante. Kenny Aronoff propulse littéralement le morceau, pendant que Satriani s'approprie les parties de Ronnie Montrose avec beaucoup de respect. Retour immédiat chez Van Halen avec "5150", véritable déferlante de décibels, suivi d'un très aérien "Love Walks In", porté par les harmonies vocales impeccables de Michael Anthony.

 


L'ambiance atteint un nouveau sommet lors de "Cabo Wabo". Fidèle à sa réputation de fêtard invétéré, Sammy descend au bord de la scène pour servir lui-même plusieurs verres de tequila aux premiers rangs tout en continuant de chanter. Une scène totalement improbable qui résume parfaitement l'esprit de cette tournée : proximité, bonne humeur et plaisir partagé. Sans laisser retomber la fête, "Mas Tequila" prolonge naturellement cette parenthèse festive.

 

Avant "There's Only One Way to Rock", Sammy s'offre un court solo de guitare en guise d'introduction avant de livrer une version musclée de ce classique, amputée toutefois de son dernier refrain.

Avec "Right Now", le concert retrouve toute sa dimension épique. Le morceau conserve aujourd'hui une puissance émotionnelle intacte et bénéficie d'une interprétation magistrale.

L'un des grands moments de la soirée survient ensuite totalement par surprise. Un spectateur lance un tee-shirt Chickenfoot sur scène. Sammy l'attrape, éclate de rire et décide instantanément de jouer "Big Foot", pourtant absent de la setlist officielle... alors même que le clip vidéo du morceau est déjà diffusé en arrière-plan ! Une spontanéité qui illustre parfaitement le caractère imprévisible du concert.

Pour "Ain't Talkin' 'bout Love", Sammy quitte complètement la scène et laisse Michael Anthony assurer seul le chant. Une séquence particulièrement réussie qui rappelle combien le bassiste demeure un chanteur remarquable.

 

Même principe pour "Satch Boogie", où Joe Satriani prend naturellement toute la lumière. Sans chercher à imiter Eddie Van Halen, le guitariste livre une démonstration de virtuosité impressionnante tout en restant constamment au service des morceaux. Plus généralement, durant toute la soirée, Satriani trouve un équilibre particulièrement juste entre sa propre personnalité et le respect de l'œuvre d'Eddie Van Halen. L'hommage est sincère, élégant et musicalement irréprochable.

Le groupe repart ensuite de plus belle avec "Good Enough", enrichi d'un amusant clin d'œil à "Owner of a Lonely Heart" de Yes, dont la rythmique rappelle effectivement celle du morceau de Van Halen.

La dernière ligne droite s'annonce irrésistible. "Heavy Metal" fait immédiatement remonter le compteur d'intensité avant un "I Can't Drive 55" repris à tue-tête par toute la salle. "Eagles Fly" apporte enfin une respiration plus mélodique et met une nouvelle fois en valeur la qualité vocale de Sammy.

Le rappel se conclut avec "Encore, Thank You, Goodnight.", titre récent particulièrement chargé d'émotion, conçu comme un hommage à Eddie Van Halen. Une conclusion sobre et touchante qui referme idéalement cette célébration de toute une époque.

 

Au-delà de l'excellence musicale, c'est surtout l'atmosphère qui marque les esprits. Sammy Hagar passe son temps à plaisanter avec le public, signer des autographes, servir des verres de tequila, discuter entre deux chansons tout en maintenant un rythme soutenu. Michael Anthony affiche son éternel sourire, Kenny Aronoff joue avec une énergie phénoménale et Joe Satriani semble prendre un plaisir immense à revisiter ce répertoire mythique. La complicité entre les quatre musiciens est palpable à chaque instant et donne au concert une authenticité rare.

Loin d'une tournée nostalgique "The Best of All Worlds" est la réunion de quatre immenses musiciens venus célébrer un héritage commun avec sincérité, décontraction et un niveau d'exécution exceptionnel. Une véritable fête du rock où la virtuosité ne prend jamais le pas sur le plaisir de jouer, et qui rappelle combien les années Sammy Hagar de Van Halen méritent largement leur place au panthéon de l'histoire du hard rock. Cela valait vraiment le déplacement jusqu'à Londres pour qui, comme moi, n'a pu voir le groupe dans cette fabuleuse période...

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