Le 24 mai 2026 restera sans aucun doute comme une date marquante pour les amateurs de metal atmosphérique. Initialement prévu à La Rayonne, le concert de The Gathering a finalement été déplacé au Transbordeur face à l’engouement considérable suscité par cette tournée célébrant les trente ans de l’album culte "Mandylion". Et au vu de la prestation livrée ce soir-là, ce changement de salle était plus que justifié.
Pendant 1h45, le groupe néerlandais a offert une véritable parenthèse hors du temps, portée par une atmosphère à la fois puissante, mélancolique et profondément immersive. Dès les premières notes d’“Eléanor”, le public a été happé dans cet univers si particulier qui a fait la renommée du groupe au milieu des années 90. La magie opérait immédiatement.
“Fear the Sea” confirmait ensuite l’excellence sonore de la soirée : un son ample, précis, parfaitement équilibré, mettant en valeur chaque nuance des compositions. Puis vint “In Motion #1”, sur l'entame duquel Hans Rutten casse sa pédale de grosse caisse... Le temps nécessaire au changement, Anneke en profitera pour nous dire combien ils sont heureux de jouer pour nous ce soir, propos accueillis avec ferveur par une salle déjà totalement conquise.
D'ailleurs, le véritable cœur de ce concert restera sans conteste la prestation absolument magistrale d’Anneke van Giersbergen. Charismatique, rayonnante et vocalement irréprochable, la chanteuse a littéralement transcendé chaque morceau. Sa voix semblait n’avoir subi aucune altération avec le temps : toujours aussi cristalline, émotionnelle et habitée. Sur “On Most Surfaces (Inuït)”, elle alternait douceur aérienne et intensité dramatique avec une facilité déconcertante.
“Broken Glass” et “Waking Hour” installaient ensuite une ambiance plus introspective, avant que “Probably Built in the Fifties” ne vienne rappeler à quel point cette période de The Gathering demeure unique dans l’histoire du metal atmosphérique européen. “Analog Park” apportait quant à lui une touche plus sombre et hypnotique.
L’enchaînement “In Motion #2”, “Leaves” et surtout “Sand and Mercury” constituait un sommet émotionnel absolument saisissant. Sur ce dernier titre monumental, Anneke van Giersbergen a livré une interprétation bouleversante, suspendant littéralement le temps au Transbordeur. Rarement une prestation vocale n’aura paru aussi sincère et habitée.
Et puis arriva “Strange Machines”. Dès les premières secondes, la salle entière s’est embrasée. Véritable hymne du groupe, le morceau a provoqué une communion totale entre les musiciens et le public lyonnais.
Le rappel allait achever une soirée déjà exceptionnelle. “Travel”, magnifique et chargé d’émotion, préparait parfaitement le terrain pour un final grandiose avec “Saturnine”. Repris avec ferveur par le public, ce dernier morceau concluait un concert tout simplement fabuleux.
Au-delà de la nostalgie liée à l’anniversaire de “Mandylion”, The Gathering a surtout démontré que cette musique restait intemporelle. Et portée par une Anneke van Giersbergen absolument impériale, cette soirée au Transbordeur s’est imposée comme un moment de grâce rare, de ceux qui marquent durablement la mémoire des spectateurs.


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